Jean-Luc Voisin - 53 - French |
Born in the Alps --
25 years travelling over the world for foodbusiness prior to open his company in Vietnam in 2000 for processing coffee , fruit juices and jam.
“Mountaineering is a love story . More than a sport, a philosophy which keeps the human closed to his roots”.
Living now in South east Asia, he takes profit to explore some of the last virgin places of the region.
Mt Phangrum - April - 2006 |
Starting from the tropical jungle up to the Hilamalaya snow is a fantastic journey.
The best treasure of the Mt Phangrum is certainly is location, far from everything, proving that there is still in our world few places where you can feel “lost”
The only way to reach the foot of the mountain is to follow the rivers.
We can consider this approach as difficult, recommended only for good hikers. Rain is the major risk as the rivers can overflow quickly into the canyons.
The top of the Mt Phangrum can be considered as an “easy mountain” even if snow can also represent some danger with possible avalanches.
Our group ( 7 Frenchs) left on 28th March from Putao and was back on 4th April 2006 ( 10 days).
The wholeMyanmarHimalaya Trekking & Culture’s team who open the way for us and help us to go on the top of mt Phangrum made a perfect job. I can thank their professionalism, their respect of the mountain, and their friendly spirit . It was certainly one of the best experience to share this adventure with all of them.
Jean-Luc Voisin
info@vergersmekong.com
De la jungle a la -neige ---
Carnet d’expedition en Birmanie.
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≪ Laya ≫ la demeure
≪ Hima ≫ laneige
Notre expedition cette annee se dirige vers les premiers contreforts de l’Himalaya, a l’extreme nord du Myanmar, aux portes de la Chine et de l’Inde. Le massif qui borde cette frontiere est constitue de trois ou quatre 5000 m, d’autant, voire plus, de 4000m pratiquement tous vierges ! Le point culminant, le Mont Hkakabourazi, 5886 m n’a ete conquis qu’en 1996, en 8 semaines d’expedition, par un Japonais marie a une francaise, M.Wazaki, ce qui nous value notre drapeau tricolore au sommet a cote de celui du soleil levant.
Notre objectif est beaucoup plus modeste, le Mt Phangram donne sur de rares cartes d’aviation a 4600 m.
Depuis deux ans une course a la ≪ premiere ≫ a ete lancee par de nombreuses expeditions de tout pays. Nous esperions bien etre les premiers mais le 28 decembre 2005 puis courant janvier 2006, deux groupes du Japon et de Hong Kong purent nous devancer ; il ne nous restait plus qu’a etre les premiers a le faire avec de la neige, dans l’impossibilite d’obtenir a temps une autorisation pour un autre sommet.
Dimanche 26 mars
Notre bimoteur plonge au travers d’un epais manteau de nuage sur une cuvette aussi sinistre que celle de Dien Bien Phu. Nous sommes a Putao, ville du bout du monde, a une semaine en camion de la ville la plus proche pendant la saison seche et accessible uniquement par avion pendant les six mois de mousson.
Putao, 457m d’altitude, ville de garnison, son carrefour aux feux peints faute d’electricite, ses deux restaurants, son marche, sa ≪ caserne-hotel ≫,…sans oublier ses deux jeeps d’un autre age qui nous attendent.
Il pleut.
Ce temps nous inquiete. Nous savons que cette expedition consiste a suivre le cours d’une riviere dans une foret tropicale pour remonter jusqu'a sa source et rejoindre ainsi la limite de la neige. Aucun chemin autre que cette riviere sujette, comme dans tous les massifs montagneux, aux montees brusques des eaux pluviales. Piege pouvant s’averer redoutable dans une expedition consistant a faire du canyonning a l’envers.
Les deux jeeps cahotantes embarquent nos sept Compagnons et leurs bagages jusqu'a Upper Shangaung, village situe a une trentaine de kilometres de Putao. La nous attendent toute l’equipe de porteurs et assistants, pour la plupart issus des tribus ≪ Lisu ≫ et ≪Ravang ≫.
Au total nous serons 42, a savoir, 1 chef de porteurs (Aphong) avec ses 25 porteurs, 1 pisteur (Yaw Seb), 1 chef ≪ cooker ≫ (Kyone Shune) avec ses 4 aides, 1 officier de liaison de la police birmane, 1 chef expedition (Saw Saw) et notre aide de camps (San Win), tous deux de Yangon et tous deux membres du club de montagne du Myanmar.
Une veritable expedition digne de nos anciens, justifiee par une autonomie de deux semaines avec le materiel et equipement de zone tropicale et de haute montagne
Depart 15h30. Nous suivons une route forestiere sous une pluie persistante pour franchir le premier col (Kyauk Sein Taung) a 1400m.
Cette piste qui vient du bout du monde pour finir nulle part est en fait un pretexte pour le promoteur chinois qui a su echanger ses travaux contre la lucrative saignee faite sur plusieurs centaines de metres de chaque cote de cette tranchee; il peut ainsi recuperer a moindre frais les bois precieux de cette foret primaire. Trafic plus qu’echange dont le Myanmar est helas le theatre dans bien d’autres secteurs encore plus reprehensibles.
La boue epaisse se transforme souvent en cloaque avec la nuit qui tombe. Nos lampes frontales devinent les passages les plus surs le long des flans ce qui n’empeche pas nos fonds de culottes de temoigner des nombreuses chutes. De multiples lucioles nous souhaitent la bienvenue, clignotants ephemeres jalonnant et accompagnant notre chemin.
Nous rejoindrons seuls avec notre equipe de cuisine le village de minorites de Wason Dum, 928 m, pour trouver l’hospitalite et l’univers enfume d’une maison d’hote. La cabane en bambou, montee sur pilotis est constituee de deux pieces principales avec un emplacement pour le feu en leur centre. Pas de cheminee, la fumee servant a eloigner les moustiques indesirables de cette zone infectee de malaria. La famille qui nous heberge nous abandonne la piece principale ou nous pourrons nous secher et dormir.
Nos infortunes porteurs, mal chausses et trop charges, prefererons s’arreter en cours de route et bivouaquer sous une bache pour passer la nuit sous une pluie battante.
Lundi 27 mars
La nuit n’a ete qu’orage avec tonnerre et foudre sur les hauteurs dominant le hameau.
Les porteurs nous rejoignent au petit matin, encore transis de froid, et nous quittons notre campement vers 8h00. Le temps s’est ameliore et nous en profitons pour contempler la foret. Nous traversons plusieurs ponts suspendus et croisons des femmes, porteuses de bois, dont la doyenne, sous sa charge de plusieurs dizaines de kilos, profite de ce ≪ temps libre ≫ pour tricoter en marchant ; elle repond par un enorme sourire edente a notre salut !
Nous suivons un sentier bucolique, au milieu de fougeres geantes et sous un toit de vegetation d’une tres belle foret primaire. Ce site est encore le refuge de tigres, pantheres, ours et autres serpents. Nous croisons un groupe de chasseurs munis d’arbaletes avec flechettes en bambou ; certaines fleches peuvent mettre a bas un ours en moins de trente minutes grace au poison issue d’une racine enduit sur son extremite.
La riviere trop haute nous arrete a Moula Chau, petit village, dans l’apres midi. Nous apprenons qu’une expedition japonaise a ete bloquee par la montee des eaux depuis 3 nuits au camp Nr 1, a 5 heures de marche en amont.
La pluie s’est arretee mais le plafond reste tres bas.
Notre chef d’expedition, Saw Saw, tres pessimiste nous propose alors de nous detourner sur un autre sommet plus accessible, le Phongarazi.
17h00. Nous apprenons que les Japonais ont reussi a quitter le camp Nr 1 et revenir au hameau. La decision de continuer ou de nous detourner de notre objectif doit etre prise immediatement.
Question est posee ouvertement a chaque Compagnon ; la meteo restant trop aleatoire, le plus gros risque serait de rester coincer plusieurs jours dans le canyon, surtout avec une mousson qui semble commencer avec deux mois d’avance !
C’est alors que le destin nous lance son signe : une courte eclaircit nous revele, a l’extremite de la vallee, la barriere enneigee de l’Himalaya avec le triangle noir du
Mt Phangram en son centre !Le rayon de soleil qui sculpte les couloirs enneiges est un veritable appel ! L’unanimite est immediate, nous continuerons !
Le sommeil sera difficile a trouver sous le martelement de la
pluie et du tonnerre qui resonneront tout le long du massif pendant une bonne partie de la nuit.
Mardi 28 mars
6h00 : toute la lumiere du jour naissant est captee par la blancheur ecarlate des sommets enneiges. Au premier plan les bambous et les paillotes. Nous sommes tous impatients. A peine traverses les champs de moutarde en bordure de hameau, nous penetrons de nouveau dans une foret dense pour suivre ce qui s’appelle ≪ le sentier des chasseurs ≫. Dans ce dedale de vegetation humide, notre pisteur court tel un felin et ouvre la voie a coups precis de machette. Nous escaladons, nous nous accrochons aux racines, aux lianes, utilisons les troncs d’arbres abattus comme autant de ponts au dessus d’une epais tapis vegetal ; nous longeons la riviere, tantot dans l’eau, tantot sur les cailloux et commencons enfin la remontee reelle de son cours.
Jour de fete pour les sangsues qui, apres plusieurs mois de lethargie commencent a revivre avec les nouvelles pluies. Droites comme des I au milieu du chemin, leur tentacule unique essaie de se fixer desesperement sur leur proie de passage. Des qu’elles se sont accrochees, elles se gorgent de notre sang jusqu'a plus soif ; lors d’une halte, nous en profitons alors pour les arracher et les ecraser sur un rocher dans un jaillissement rougeoyant marquant notre route de ce jalonnement macabre.Une nuee de moustiques et de ≪ Sun flyers ≫ nous accompagnent egalement, attirees par notre odeur bestiale ; nos corps seront marques plusieurs jours de leur signature.
Premiere traversee de la riviere Phoa Yen et premier espoir ; on peut constater aux traces laissees sur les rochers que le niveau d’eau a deja baisse. Nous evitons une ≪ tyrolienne ≫ aerienne et traversons directement avec l’eau fraiche jusqu'a la taille. Nous rejoignons le camp 1 vers 12h00 et decidons de bivouaquer a cet emplacement ; le debit d’eau reste trop fort pour continuer mais la meteo semble tourner au beau. Le campement est monte a une cinquantaine de metres du lit de la riviere. Les traces du sejour de nos predecesseurs japonais sont encore presentes.
L’apres midi chacun vaque a ses occupations ; certains porteurs posent des filets dans la riviere, d’autres font secher des racines aux pouvoirs sans doute multiples, d’autres ouvrent un atelier vannerie pour reparer ou refaire leur hotte de portage. Un arbre mort de plusieurs dizaines de metres est abattu avec une minuscule machette dans un bruit de tonnerre. Nos regards sont le plus souvent tournes vers ce haut de vallee, domine par la masse du Mt Phangram. Nous sommes deja habitues a sa presence, il sait que nous venons lui rendre visite et fera en sorte de nous aider. D’ailleurs n’essaie-t-il pas deja de se debarrasser de ses nuages qui lui masquent notre progression ?
Pour detendre l’atmosphere notre cher Saw Saw nous raconte qu’il est reste bloque cinq jours lors d’une precedente expedition ratee ; trop longtemps en tout cas car il ne pu etre present a son propre mariage !
En soiree le niveau de l’eau a encore baisse. Seul persiste un petit nuage pres de ≪ notre ≫ montagne. L’espoir grandit.
Mercredi 29 mars
La nuit a ete claire. Leve 5.45.
L’etape est tres physique et eprouvante. Nous remontons la riviere devenue torrent tantot en longeant son cours avec de l’eau au niveau des genoux, tantot nous devons la traverser pour pouvoir trouver sur l’autre rive un meilleur passage. Nous traverserons dix, vingt fois, plus ? Impossible de compter et nul ne s’y hasarde.
Chaque traversee demande l’ingeniosite de notre pisteur et du chef des porteurs. Des cordes sont tendues, des arbres abattus, des chaines humaines creees, chacun aidant l’autre, chacun s’accrochant, tirant, poussant pour lutter contre la force des flots. Plus d’etrangers ni de porteurs, uniquement des hommes engages dans le meme combat, face et dansla nature , unis dans un effort commun. Rares sont les chutes ; ici un Compagnons se voit rattrape in extremis par une sangle de son sac ; la un porteur fatigue se cramponne a un baton tendu a la derniere seconde.Certes nous sommes trempes, transis de froid par moment, mais notre avance reste rapide et nous depassons ce qui aurait du etre le camp 2 pour rejoindre directement le camp 3 vers 16h00.
Le temps reste au beau fixe et le Mt Phangrum encore plus present au dessus de nous. Le camp situe a 1960 m d’altitude est hors de portee des moustiques et autres insectes indesirables. Nous en profitons tous pour faire secher nos affaires et panser nos bobos.
Jeudi 30 mars
01h15 -- ous sommes reveilles par le claquement de la pluie sur nos tentes. L’angoisse ressurgit immediatement. L’averse semble passagere mais le ciel est completement bouche.
Depart 7h10. Le camp a ete boucle en un temps record. Le torrent semble bien plus froid que la veille ! La vallee est devenue un etroit canyon, sans lumiere. Les pierres sont de veritables savonnettes. La foret tropicale a laisse place a des rhododendrons geants.
Nous devrons encore comme la veille grimper, traverser le torrent des dizaines de fois pour enfin relier la ≪ snow line ≫. Cette limite ou le torrent a disparu et a laisse place a des neves.
Camp 4 -- 3020 m. Nous rejoignons vers 14h00 le fond d’un cirque de montagnes enneigees. Les derniers porteurs arriveront extenues en fin d’apres midi..
Une coulee de neige sur la face nord a une centaine de metres en amont nous rappelle a la prudence. Les tentes sont installees et nous passons le reste de l’apres midi a grouper le materiel d’altitude, regler les raquettes a neige, les crampons etc.…
15h00 le temps se bouche et des flocons de neige commencent a tomber.
18h00 decision est prise de faire le sommet d’une traite et de ne pas, comme les expeditions precedentes, monter un camp de base 900 m plus haut. La meteo reste trop incertaine, autant jouer la legerete et la rapidite et gagner une journee fatigante en altitude. En partant de nuit nous devrions etre de retour au camp 4 dans l’apres midi.
22h00 Ciel etoile. Pas de vent. Temperature tres douce
Vendredi 31 mars
1h00 un tonnerre fracassant resonne dans la nuit suivie en echo du cri des porteurs ≪ Avalanche ≫ !
Reveilles brusquement nous jaillissons de nos tentes, la nuit est noire, trop noire pour veritablement voir ce qui s’est passe, nous devinons seulement a quelques metres des tentes une masse d’eboulis venus du couloir que nous devons prendre dans quelques heures. Le sommeil est impossible a retrouver et a 4h00 nous sommes en pleine preparation des sacs.
Seule notre ≪ garde rapprochee ≫ viendra avec nous soit six birmans
A la frontale nous prenons pieds sur le cone de l’avalanche. Les blocs enormes qui se sont ecroules sont maintenant geles. La pente est rude et glacee. Il faut tailler des marches au piolet pour aider ceux qui n’ont pas de crampons a glace;plus qu’une avalanche, il s’agissait d’un glissement de terrain, parti du milieu du couloir, qui a tout emporte sur plus de 300 m. Les rochers et la boue se sont meles a la neige pour former une masse gigantesque qui s’est arretee au pied de notre campement.
Le haut du couloir, parfaitement enneige est franchi sans peine sous le soleil levant. Nous prenons alors pieds sur une pente couverte de resineux et gravissons son arete jusqu'a son sommet a 3900m. Un veritable belvedere sur le Mt Phangram ! Le soleil commence deja a monter et la neige se transforme tres vite ; la glace laisse place a de la ≪ soupe ≫ d’une epaisseur de pres de un metre Le probleme de cette neige reside dans son instabilite car la sous-couche est restee dure et une simple surcharge risque d’entrainer dans les pentes la partie superieure rendue molle. Nous nous espacons le plus possible pour descendre au niveau de ce qui aurait du etre notre camp de base , 400 m plus bas, au pied cette fois de ≪ notre ≫ sommet.
Nous traversons alors de longs neves en devers et penetrons dans la ≪ haute montagne ≫. Au dessus de 4000m nous commencons a ressentir les effets du mal des montagnes, le pas se fait lourd et lent, les tempes battent plus fort, les poses sont devenues plus frequentes. Un compagnon en tete taille des marches dans les sursauts plus pentus. Les corniches au dessus de nous sont evitees et nous prenons enfin pieds sur l’arete sommitale pour finir au pas de course.
A 11h00 nous y sommes. L’altimetre marque 4273m, inferieur de 350m aux releves des cartes ! C’est alors l’explosion de joie ; le soleil est aussi de la fete.La chaine himalayenne s’offre a nous jusqu'a lisiere des grands 8000m tibetains. Moment de grace ou chacun se congratule. Un compagnon a l’ecart ne peut retenir ses larmes. C’est le temps des photos, des embrassades, mais aussi de la perte d’attention…notre fidele aide de camp Son Win glisse et se rattrape avec son piolet au bord de la corniche , quelques centimetres de plus et c’etait une chute de plusieurs centaines de metres cote indien.
A l’est d’inquietantes remontees de nuages nous poussent a quitter rapidement ce paradis. La descente est rapide et nos amis birmans decouvrent la joie de la glisse sur les fesses !
Arrive une traversee glacee de couloir jugee dangereuse, au dessus d’une barre rocheuse ; un compagnon se poste en contrebas et en bordure de la falaise pour eviter d’eventuelles chutes. Tout se passe alors dans une fraction de seconde ; Saw Saw, trop sur de lui, glisse et devale immediatement la pente sur le dos ; dans un geste desespere, les mains se tendent l’une vers l’autre et s’accrochent avec une energie decuplee ; les deux corps sont entraines dans la chute et bloques nets par l’auto assurance plantee au prealable par le compagnon. Les deux pieds de Saw Saw etaient deja dans le vide ! Un deuxieme compagnon aide notre infortune ami a sortir de cette facheuse position et l’incident est conclu, quelques minutes plus tard par une vraie poignee de main cette fois, les yeux seuls suffisants a exprimer l’emotion et la reconnaissance.
Nous chaussons nos raquettes dans les grandes traversees de neige fondue, plongeons dans le couloir de depart a toute vitesse, l’oeil rive sur les contreforts qui risqueraient encore de s’effondrer, et rejoignons notre camp de base 12h00 apres le depart.
Notre premier geste est de deplacer les tentes de quelques centaines de metres, la coulee de la veille nous incitant a ne pas trop jouer avec le destin.
La soiree sera joyeuse, le verre de l’amitie scellant, s’il etait encore besoin, les emotions echangees.
Samedi 1er avril
Nous delestons deux porteurs atteints de malaria de leur charges.
Le temps reste au beau fixe, l’eau est cristalline et toujours aussi froide. De nouveau il faut etre vigilant car les pierres sont glissantes et la fatigue aidant, l’endroit serait mal choisi pour se fouler une cheville. Nous retraversons des dizaines de fois le torrent et rejoignons le camp 3 en debut d’apres midi.
Nous sentons la fin de notre periple proche et commencons deja a memoriser quelques uns des instants inedits. Nul doute que les porteurs nous laisseront des souvenirs pour longtemps par leur gentillesse et leur agilite de bouquetins.
Le personnage le plus original etant certainement notre pisteur Yaw Seb, son casque blanc de ≪ military police ≫visse sur la tete, jambes nues, en chaussures de toiles, a 4000m en train de tailler des marches dans la neige avec …sa machette ! Nous lui offrirons plus tard l’un de nos piolets pour lui faciliter la tache.
Ou encore l’officier de liaison, profitant de chaque arret pour tout noter dans son cahier d’ecolier. Nous decouvrirons que ce n’etait pas son rapport et que nous avions a faire a un vrai artiste applique a dessiner les differentes phases de notre expedition comme dans une BD. Il fera le sommet sans lunettes de soleil.
Dimanche 2 avril
2h00. Nous sommes reveilles par le clapotis de la pluie sur nos tentes.Le Dieu meteo ne nous epargnera rien !
A 6hoo tout le monde se prepare febrilement, un ナ妬l sur le torrent, l’autre sur le ciel. La pluie s’est arretee mais le mauvais temps menace de nouveau. Seul un porteur est encore malade et incapable de porter sa charge.
La degringolade vers l’aval reprend de plus belle. Les rochers sont toujours plus lisses et les jambes plus douloureuses. Chaque pas est un exercice d’equilibriste qu’il faut renouveler sans cesse.
Ou l’on redecouvre ce que veut dire mettre un pas devant l’autre pour marcher !
Les traversees dans l’eau glacee se succedent, les chutes deviennent inevitables mais, miracle, rien de grave.
Notre pisteur Yaw Seb en profite pour relever des filets de peche qu’il avait laisse a la montee…voila une dizaine de kilos de poissons bienvenus pour le diner.
Entre deux nuages, le Mt Phangram, recouvert d’un nouveau manteau blanc, nous envoie son dernier ≪ au revoir ≫. La pluie fine continue, nous franchissons le camp 1 et retrouvons avec bonheur les sangsues et autres moustiques sur un chemin qui commence a ressembler a un sentier.
16hoo nous sommes sortis.
Lundi 3 avril et mardi 4 avril
La pluie et la boue nous accompagnerons les deux derniers jours jusqu'a Putao. Monotonie d’une marche agrementee des reves de la prochaine expedition, sans doute pour le Yunnan, proche des sommets du Tibet et toujours …du Mekong.
Saigon 27 avril 06
Les Compagnons du Mousqueton
Sylvain, Marc, Florent, Pascal, Gregory, Pierre, Jean-Luc
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